Ce que l’Iran fuit, la France en rêve

Des manifestants dansant et applaudissant autour d’un feu de joie alors qu’ils descendent dans les rues de Téhéran, en Iran, le 9 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/UGC via AP)
Un paradoxe glaçant traverse notre époque : tandis qu’en Iran, des femmes bravent la torture et la mort pour se libérer du joug islamiste, en France, pays des Lumières et de la laïcité, 59% des jeunes musulmans de 15 à 24 ans estiment que la charia devrait primer sur les lois de la République. Cette réalité, révélée par un sondage IFOP de novembre 2025 auprès de 1 005 musulmans de France, devrait tous nous alarmer.
Les chiffres sont accablants
- 46% de l’ensemble des musulmans pensent que la loi islamique doit être appliquée dans les pays non musulmans, dont 15% qui souhaitent son application intégrale.
- 38% approuvent tout ou partie des positions islamistes, soit deux fois plus qu’en 1998.
- Un quart éprouve de la sympathie à l’égard des Frères musulmans.
Cette radicalisation s’accompagne d’une intensification spectaculaire des pratiques religieuses chez les jeunes :
- 67% prient quotidiennement contre 26% en 1989 ;
- 83% observent le jeûne du Ramadan dans son intégralité contre 51% en 1989.
L’IFOP constate que cette tendance s’inscrit dans une logique de « contre-société » portée par une jeunesse désireuse de marquer son identité musulmane face à une société française perçue comme hostile.
En septembre 2022, Mahsa Jina Amini, 22 ans, est torturée à mort par la « police des mœurs » iranienne pour avoir mal porté son voile. Son assassinat déclenche le mouvement « Femme, Vie, Liberté ».

Pour la première fois depuis quarante ans, des femmes iraniennes descendent dans la rue sans voile, défiant ouvertement le régime islamique. La répression est féroce :
- 11 exécutions liées au mouvement,
- des centaines de condamnations à mort,
- 853 exécutions en 2023.
Mojahed Kourkouri, Mehran Bahramian, Reza Rasaei, autant de noms de martyrs torturés pour avoir réclamé la liberté.
Trois ans plus tard, le combat reprend avec une intensité dévastatrice
Fin décembre 2025, une nouvelle vague de protestations embrase l’Iran. Le bilan est terrifiant : 558 manifestants ont été tués et au moins 10 600 arrestations ont été recensées.
Le régime a coupé Internet dans tout le pays pour masquer l’ampleur du massacre. Les hôpitaux de Téhéran et de Chiraz sont submergés par les blessés par balle. Les femmes sont encore en première ligne, scandant « Mort au dictateur » et « Ma vie pour l’Iran ».
Le chanteur Mehdi Yarrahi a été condamné à 74 coups de fouet pour avoir chanté « Ton foulard ». Deux militantes kurdes, Pakhshan Azizi et Warisha Moradi, attendent leur exécution imminente.
Le contraste est saisissant : même certains pays du Golfe montrent plus de fermeté face à l’islamisme que les démocraties occidentales
Les Émirats arabes unis, craignant l’influence des Frères musulmans dans les universités britanniques, ont retiré les grandes universités du Royaume-Uni de leur liste de bourses d’État, entraînant une baisse de 27% des visas étudiants émiratis vers la Grande-Bretagne.
Un pays musulman fait preuve de plus de vigilance envers cette idéologie que le Royaume-Uni lui-même, où les campus laissent prospérer ces réseaux au nom d’une tolérance mal comprise.
Comment ne pas être saisi de vertige
D’un côté, des femmes iraniennes qui risquent leur vie pour échapper à la charia ; de l’autre, en France, une proportion croissante de jeunes musulmans qui placent cette même charia au-dessus des lois républicaines.
Les femmes iraniennes savent ce qu’est vraiment la charia : la torture de Mahsa Amini, l’exécution de manifestants, la « police des mœurs » qui arrête dans la rue. Elles le vivent et se battent pour s’en libérer, au péril de leur vie. Pendant ce temps, en France, dans une démocratie qui garantit toutes les libertés, une partie de la jeunesse musulmane aspire à un système qu’elle idéalise sans en mesurer les conséquences concrètes.
Quand 57% des jeunes musulmans placent la loi coranique au-dessus des lois françaises, ce n’est plus une simple question de liberté religieuse, c’est un rejet du pacte républicain.
Le multiculturalisme a tué notre mode de vie et notre société
Le courage des femmes iraniennes doit nous inspirer. Si des peuples entiers se soulèvent pour échapper à l’oppression islamiste, et si même des pays musulmans prennent des mesures drastiques pour se protéger de cette idéologie, comment pourrions-nous, dans une démocratie, tolérer la complaisance face aux mêmes idéologies totalitaires ?
La France ne peut plus se permettre de fermer les yeux
Il faut interdire tout relais de l’idéologie islamiste, fermer les mosquées radicales, expulser les imams étrangers qui prêchent la haine, dissoudre les associations des Frères musulmans, et mettre fin aux financements étrangers. Mais surtout, il faut défendre sans faiblir les principes républicains : la laïcité, l’égalité entre les sexes, la primauté de la loi sur toute norme religieuse.
- Les femmes iraniennes nous montrent le chemin : elles refusent de se soumettre.
- Les Émirats nous rappellent qu’on peut être un pays musulman et combattre fermement l’islamisme.
Nous devons, nous aussi, refuser la soumission.
L’histoire jugera notre génération
Soit nous aurons eu le courage de dire non à l’islamisme et de défendre nos valeurs, soit nous aurons laissé s’installer en France un système contre lequel d’autres peuples se battent au péril de leur vie. Le choix est clair. Le temps de l’action est venu.
à propos de l’auteur
Marianna Rocher est responsable de la 8ème circonscription des Français de l’étranger pour le Rassemblement National et candidate RN aux élections législatives. Professionnelle distinguée avec une expérience internationale approfondie sur trois continents, alliant expertise en économie, gestion de l’industrie du luxe et diplomatie culturelle. D’origine ashkénaze par lignée maternelle (Kapustiansky), avec un héritage politique notable à travers un arrière-grand-père qui fut un dirigeant politique important. Diplômée en économie avec un MBA de la prestigieuse École Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC), forte d’une carrière de 20 ans dans l’industrie du luxe et de la mode, incluant la propriété d’une unité de production française. Expérience auprès de l’UNESCO apportant une perspective unique sur la diplomatie culturelle et les relations internationales, ainsi qu’une expertise en transformation digitale dans le secteur des arts. Parcours d’expatriée en Afrique et en Russie, actuellement établie dans le nord de l’Italie depuis 2019. Maîtrise parfaite de plusieurs langues et cultures. Actuellement Présidente de l’UFE (Union des Français de l’Étranger) du nord de l’Italie et auteur de trois ouvrages publiés, active dans l’organisation communautaire et la diplomatie culturelle.